La petite Lili

15 juin, 2006

c’est l’été et tout un petit monde s’est retrouvé à la maison sur l’île aux moines (bretagne)
l’actrice célebre vieillissante, son amant le réalisateur reconnu, son fils le wannabe réalisateur, son frère le vieux râleur, le gros gardien et son chien, sa femme la cuisinière, sa fille qui boit et qui fume, le médecin du coin et la petite amie du fils, jeune et fraîche, Lili, qui en débarquant déclenche une chaîne de réactions dans ce bouillon de culture. Dès le début ça cogne dans tous les coins et ça s’envoie des répliques au quart de poil, le genre qu’on met trois mois à mettre au point, et dans le film, ils s’en balancent une toutes les 30 secondes, au cours de la conversation…
Parce qu’ils arretent pas de se heurter, là dedans, ça commence dès le début quand le fils organise une petite projection de son film à tout ce petit monde. Et il préfèrerait si possible que tout le monde déteste.
Je connais pas la pièce de Tchekhov ( »la mouette ») dont le film est la libre adaptation, mais à mon avis le rythme lui doit beaucoup. Et la finesse du propos aussi. Et la violence (slave) toute verbale.

Au final on a un film fort, avec des répliques bien senties et surtout des sacrés personnages « secondaires » (je sais pas si on peut dire secondaires, parce qu’il n’y a pas vraiment de rôles principaux, c’est une film « collégial », un peu, à la manière d’un Altman), Jean-Pierre Marielle et Julie Depardieu, surtout Julie Depardieu.
A un moment le grand réalisateur dit au personnage de Julie Depardieu qu’elle est le personnage le plus intéressant dans la maison… s’adresse-t-il au spectateur ?
Ce film sur les gens qui font des films c’est un peu le principe de mise en abîme d’Hamlet, comme à la fin, quand le fils réalise son premier long métrage inspiré de l’été qu’ils ont vécu.

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