Je suis allé à Paris Capitale du Libre dont vous a déjà parlé Fred Bird avec son [article compte rendu de la rencontre avec Richard Stallman->177].
je vais donc vous donner mon avis sur cet évènement et sur le libre en général ou plutôt sur ce que les gens en font, en on fait et vont en faire… Si j’ai un avis positif sur le logiciel libre, sa récupération par le marché est à mon avis catastrophique.

Paris Capitale du Libre est un évènement qui s’est déroulé le 26 juin 2006 au palais Brongnard (bourse de Paris).
Il était constitué de conférences dont vous pouvez voir [le programme->http://www.paris-libre.org/index.php?option=com_content&task=view&id=15&Itemid=40] sur le site de PCL.

{{{www.paris-libre.org}}}

-* 9h30 : Conférence 1 : [Le logiciel Libre dynamite l'industrie du logiciel->http://www.paris-libre.org/index.php?option=com_content&task=view&id=32]
-* 11h : Conférence 4 : [Ruée vers les logiciels libres : Quels bénéfices pour l'entreprise ?-> http://www.paris-libre.org/index.php?option=com_content&task=view&id=35]
-* 12h30 : Cocktail déjeunatoire sur invitations…
Ce qui pose problème aux DSI, c’est que les logiciels libres n’invitent pas à manger.
Y’a pas que les DSI que ça dérange, mais bon, habitant dans le quartier, je connais un très bon petit resto rapide avec un menu à 7€ et j’ai été bien plus peinard que coincé entre deux costard cravates… notez que j’ai même pas grugé en collant une pastille bleue sur mon badge, ce qui m’aurait donné accès au déjeuner…
-* 13h : Open-Xchange : Outils de gestion de la messagerie et de travail collaboratif
Par Hatim BEKKALI [[Hatim BEKKALI : (Dirigeant de SYLOÉ), un des membres fondateurs de l'association afOX ([Association francophone pour Open-Xchange->http://www.afox.fr/])]]
-* 14h : Les standards ouverts : faisons le point.
Par Thierry STOEHR [[Thierry STOEHR : Président de l'AFUL ([Association Francophone des Utilisateurs de Linux et des Logiciels Libres->http://www.aful.org/])]]

{{{Business is business}}}

D’entrée de jeu, l’ambiance est affichée.
Lors de la première conférence, les différents intervenants sont sincèrement sur la même longueur d’onde. Le business.

Le titre de la conférence, que l’animateur avait dans un premier temps compris comme « le logiciel Libre dynamise l’industrie du logiciel » au lieu de « dynamite » est à mon avis peu adapté. Le logiciel Libre ne dynamite rien du tout, il enrichit encore plus !

En effet, quoi de plus alléchant que des logiciels qui sont développés par des communautés et sur lesquels on peut vendre tout un tas de services ?
Si les logiciels Libres sont de plus en plus développés par des salariés de sociétés qui s’engagent dans ces communautés, il n’en reste pas moins une somme considérable de développeurs bénévoles particuliers.
Les entreprises on bien évidement tout à fait compris leur intérêt dans le logiciel libre. C’est un coût de R&D bien moindre, une quantité de développeurs bien plus importante, et donc une équipe de développement bien plus réactive; c’est une qualité meilleure due au caractère ouvert des sources et à la quantité de personnes y ayant accès et c’est aussi un générateur de services tels que le support, impressionnant.

Il faudrait donc être fou pour ne pas se lancer dans le libre comme la plupart des éditeurs…

Pourquoi Microsoft ne se lance t-il pas plus dans le libre ?
Rappelons à l’origine que le logiciel libre a été conçu dans le but de partager la connaissance. Or il est de plus en plus constaté que les connaissances à valeur ajoutée ne tombent pas dans le libre. Ainsi vous pouvez télécharger librement SuSE Linux de Novell, mais si vous voulez la documentation papier, il faudra payer, plus que le simple prix de la fabrication et du port. Il en est de même avec les expertises et les consultants. Les projets gagnent en coûts de licences, mais le budget se reporte sur les interventions de consultants indispensables pour installer et configurer la solution.

Les logiciels deviennent donc des produits d’appel, des sortes d’hameçons qui permettent ensuite de tirer à soi tout le reste de la couverture du budget informatique… et parfois plus.

{{{Libre n’est plus associé à libertaire, mais à libéral}}}

Alors pourquoi le logiciel Libre est il si plébiscité auprès des particuliers ?
Tout simplement car il reste moins cher malgré tout, que de toute façon on n’aurait pas acheté s’il était payant, et que finalement, on préfère ramer pour installer que de payer.

Oui, sauf que desfois, on aimerai bien payer quelques dollars de plus et économiser des nuits de sommeil.

Et puis il ne faut pas oublier qu’il y a encore ce vernis libertaire sur le logiciel libre. Ce côté anti-conformiste qui donne l’impression d’être un rebelle quand on a linux sur son PC.

Mais le vernis est fragile et il ne cachera pas longtemps à mon avis que libre n’est plus associé à libertaire, mais à libéral…

Lors de cette première conférence, Omar TAZI, Chef Evangéliste Open Source Oracle nous a bien expliqué cette récupération par le marché.

Le logiciel libre, c’est du BUSINESS, rien d’autre. Pourquoi Oracle s’investit dans les produits libres?
Simplement car en retour il en récupère directement les bénéfices. Il a un poids sur les décisions de la communauté, il dispose de milliers de développeurs gratuits, que ce soit des particuliers bénévoles ou des salariés d’autres entreprises, et bien évidement, il profite de l’aura du Libre pour construire et affirmer son image altruiste.

Mais l’objectif numéro un c’est le business. D’ailleurs Omar ne connait pas vraiment d’autre mot, donc il n’utilise que celui là, avec de temps en temps un mot de liaison. Mais où est donc Ornicar?
Il faut l’excuser si son Français est un peu « cassé », il est “based on la silicon valley” et “At the end of the day, c’est le business qui compte” pour lui. Probablement un bon poste à viser pour Jean-Claude [[Des bonnes sur Jean-Claude VANDAME à [http://vandame.free.fr/->http://vandame.free.fr/] ]].

Les autres, Christophe THERREY, Directeur Général Novell, Philippe BOURNHONESQUE, Directeur Stratégie IBM Software, Bruno COUDERC, Président de l’APROGED acquiescent et suivent.

Seuls François BANCILHON, Directeur Général Mandriva et Laurent BOUFFIES, Directeur Marketing et Stratégie, Zend France semblent moins portés sur le business… mais pourquoi ? Est-ce une façade ? Ont-ils réellement d’autres vues sur le monde ? Peut être, n’ayant pas de certitude à leur sujet, je me permet de ne rien affirmer.

Le Libre est donc bien loin de dynamiter quoi que ce soit, si ce n’est la ferveur des libertaires comme moi.

{{{Le logiciel restera libre, mais il sera bien le seul}}}
Seconde conférence, « Ruée vers les logiciels libres : Quels bénéfices pour l’entreprise ? ».

Remarquez que ce qui a retenu mon attention ne sont pas vraiment les bénéfices du libre pour les entreprises, j’en suis déjà largement convaincu.

Il ne faut pas croire que parce que je m’offusque de certaines choses comme dans le paragraphe précédent, cela signifie que je les découvre, il est possible de s’offusquer en connaissance de cause.

Cependant, le logiciel libre semble faire peser sur ces industriels du logiciel un forte menace qui est que finalement les développements de logiciels sont à la portée de tous.

Bien évidement, ce qui leur fait peur dans le « tous », ce sont les Indiens, les Chinois et les européens de l’est.
En effet, il semble que les postes des Français soient menacés et que le off-shore (comprenez « la sous-traitance par des développeurs compétents, mais qui ne coûtent pas un rond ») soit finalement une menace pour les entreprises occidentales qui risquent de perdre les moyens de faire de la R&D.

C’est en tout cas clairement ce qui a été dit à cette conférence.

Ben mes cocos, fallait y penser avant, car à mon avis, vous êtes en train de vous prendre sur la tronche le seau que vous aviez vous même placé sur le haut de la porte…

Et puis si la R&D est la valeur ajoutée des entreprise Française, sans vouloir insister lourdement, mais pourqoi le budget de la recherche est, au niveau de l’état et du privé, si malheureusement faible ?

{{{Tu veux pas 15,24€ et une pomme ?}}}
Pour ne pas perdre la face, car je pense qu’ils sont sincères quand ils disent qu’ils ont peur, ils ont trouvé une astuce en béton (Bouygues n’y est d’ailleurs peut être pas pour rien).

Pour sortir de cette situation « catastrophique », une seule solution. «Les Français doivent travailler bien plus !»

Tiens, on ne l’attendait pas celle là, et ce sera ma conclusion.

Qu’est-ce qu’ils n’iraient pas chercher comme arguments pour faire sauter les 35h…

Bientôt on va remettre le fouet je pense, je trouve que les Egyptiens faisaient du bon boulot, les pyramides, le Sphinx, tous ces trucs géométriques, c’est la classe…

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