L’Homme des Jeux

18 juillet, 2006

Gurgeh fait partie d’une société hédoniste qui s’appelle la culture, celle ci a des prétentions expansionnistes mais pas belliqueuses. Au fur et à mesure qu’elle rencontre d’autres civilisations, elle cherche à les intégrer à elle. Le héros de ce roman est un joueur, c’est même un champion dans toute la culture. Alors lorsque la culture rencontre l’empire d’Azad, c’est lui qui est appelé à y aller car tout cet empire repose sur un jeu: le jeu d’Azad.
très sympa. pleins d’idées rigolotes (société édoniste sans sens de la propriété, troisème sexe chez les gens de l’azad, robots rigolos, …). il parait que c’est une série, je ne lirai pourtant pas la suite

Mr Nice

18 juillet, 2006

c’est l’autobiographie d’un anglais brillant Etudiant à oxford à la fin des années 60, howard marks commence doucement. il écoute du rock dans son appart en collocation où il se laisse pousser les cheveux avec ses amis les glandeurs.
arrive son premier joint. BOOM ! son appart se transforme en fumerie de l’université.
le charisme et un vrai amour de l’herbe, c’est se qui a fait de howard marks le plus gros importateur d’herbe en angleterre pendant près de 20 ans
43 identités, 89 lignes de téléphone, 25 sociétés écran, des tonnes de haschich, des millions de dollars, des connections avec l’IRA, la CIA, la mafia, les triades et aucune violence
finalement coincé par un agent lovato, agent du fbi mexicain mais tétu. 7 ans prison aux états unis. « la pire » comme ils disent dans tous les livres d’histoires de prison
il sort de prison en 1995 avec une célébrité de rock star en angleterre. il fait des meeting pour son parti politique, des apparitions dans « arnaque crime et botanique » ou aux concerts de fat boy slim ou supergrass
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le pitch du livre c’est « il a été le plus grand contrebandier de hash de tous les temps. il vient de passer 7 ans dans le plus dur des pénitenciers américains. il va vous plaire » et c’est exactement ça
c’est un gars qui a un don pour la logistique et le graissage de patte, ses techniques de contrebandes sont éblouissante.
et puis lui, il a jamais basculé dans la coke , l’hero et autre substance 1000 fois plus lucratives. il est resté intègre et responsable.
il y a pas mal de personnages hallucinants. deux ont retenu mon attention : mr malik, un pakistanais proche du pouvoir qui a à sa disposition un village usine qui fait des tonnes de shit, et qui le conditionne. hyper décontracté et sérieux. l’autre c’est jim mac cann, membre de l’ira complètement déjanté. a plusieurs reprises l’ira a sécurisé le transport de tonnes d’herbe en croyant que s’était des armes ! seul mac cann et marks savait

une bonne grosse autobiographie, avec des rires et des pleurs. et une histoire formidable racontée par la meilleure personne placée pour la raconter

par contre pour le trouver à paris, c’est un peu galère. il faut faire les petites libriaries alternative. c’est plus facile de le trouver en anglais qu’en français

– 570 pages + un cahier de photos n&b

Mon CV dans ta gueule

18 juillet, 2006

comme le titre l’annonce, c’est un livre qui arrache

Martin est employé intérimaire au service réception d’un laboratoir pharmaceutique. il fait un boulot de manutentionnaire malgrès son parcours universitaire.
alors martin, la vie l’aigrit. une aigri-attitude encore plus marqué chez son ami thomas, chômeur surdipômé de longue durée bref tout va mal

et tout à coup
- une « nana idéale » super-bonne débarque dans l’usine
- une série de meutre violents et crapuleux se produisent dans l’usine
- l’élaboration d’une théorie issue de l’esprit réuni de françois et de thomas : la démarche pro-active
« Mon idée va révolutionner les techniques de recherche d’emploi. [...] Ca ne peut pas rater si je tue un salarié rigoureusement sélectionné. Ma candidature est forcément valable. En plus je gagne un temps fou puisque je peux envoyer ma lettre le jour même du meurtre. »

Super livre !!!
C’est très rythmé, très rapide
forcément ça va bien plus loin que le bref résumé du début de la trame que j’ai tapé au dessus
en plus c’est drole, c’est tendre et c’est cynique
bref faut pas hésiter mais pas chez amazon parce que en librairie c’est en poche moins cher.

En plus ça se lit vite fait deux fois d’affilée : j’ai lu – 220 pages écris gros.

Je vais vite lire « Ni Dieu, ni Coca », le deuxième roman de ce jeune auteur qui assure.

Chronique Eskimau dans le jour avant le lendemain, Jorn RIEL retrace ce qui aurait pu être un peu du parcours de cette civilisation / groupe ethnique du nord-est du Groenland, disparue avant d’avoir été étudiée, rencontrée, par les esprits blancs…
On suit Ninioq, vieille femme, mais encore en pleine forme, d’abord dans les jours heureux, ses inquiétudes et sa sérénité, puis dans l’ermitage avec Manik son petit-fils adoré sur l’île de Neqe, et enfin dans l’adversité et l’horreur.
C’est une tragédie teintée de quotidien, on passe d’une mythologie, une métaphysique complexe, événements historiques, à des scènes de toilette à l’urine et de fabrication d’ustensiles.

{{{Les plus :}}}
le personnage de Ninioq, bien qu’idéalisé, est plutôt bien senti, bien tracé, familier, il m’a fait penser à ma grand-mère (en mieux).
la civilisation extrapolée par Jorn Riel est non seulement convaincante, mais aussi édifiante

ruptures de ton, éventail d’émotions, richesse de détails

{{{Les moins :}}}
impossible de s’accrocher, le début du roman fourmille de personnages, aux prénoms assez semblables, et ne parle que du bonheur de vivre dans cette tribu ma-gni-fi-que… assomant.
Alors évidemment, au final, comme on est bon public, on s’est laissé emporter dans sa lecture, mais il y a moins en mémoire et en ressenti que ce qu’il devrait y avoir. Déception.

Le seigneur des porcheries

14 février, 2006

C’est un des meilleurs romans de brossage de l’amérique profonde que j’ai lu. Et quand je dis profonde, c’est profonde, c’est les Apalachiens qui votent bush, ceux qui ont une arme toujours sous la main et qui se poivrottent dans les bars le soir dans l’espoir d’en finir avec une bonnes bagares. Ce sont les « trolls », les « rats d’usines », comme le dit si bien Egolf, des gens méchants, dédaigneux, délateurs, persécuteurs … mais tellements persuadés d’être dans leur bon droit.
C’est un livre totalement gerbant sur l’injustice, la bétise, l’intolérance… et pourtant à lire absolument…

ISBN : 2070414736
Note : *****

Soie

5 février, 2006

Ma soeur m’a quasiment forcée à le lire celui-là ( »TIENS, je te le prète, il est SUPER »). Et j’y allais en traînant les pieds (encore un bestseller très grand public gnan-gnan, le même sentiment qu’avec « la première gorgée de bière » et « Matin Brun »). J’avais pourtant lu (et adoré) [Novecento->http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2070419878/qid=1068108399/sr=1-3/ref=sr_1_3_3/171-4084491-3329800], pianiste, une grosse nouvelle / monologue du même auteur parue il y a quelques années en Mille-et-Une Nuits…

Bon alors première surprise : le rythme.
Facile, vous direz, d’avoir du rythme sur cinquante pages avec des chapitres d’une page (et demie, parfois).
Alessandro Baricco est prof d’écriture et ça se lit.
Ca se lit très bien même, avec un sourire.

Deuxième surprise : c’est prenant.
J’aurais pas cru m’intéresser aux tribulations d’un négociant en oeufs de bombyx du XIXe siècle, un homme impassible et dilettante, qui part au Japon chercher des oeufs sains, sur ordre de son patron étrange, parce que la maladie ravage les oeufs d’europe.

Au final, c’est bien parce que c’est court.
Le jeu des répétitions donne du style (facile ?) mais étouffe vite le récit.
L’intrigue tourne un peu court à mon goût, et il serait aisé d’en tirer ce que je déteste voir associer à une histoire : une MORALE.

Bref, rien à voir avec Novecento, où un souffle poussait l’histoire (délicieuse et raffinée), dans laquelle on aimerait s’enfouir.

J’avais de Somerset Maugham (médecin, espion, voyageur) le souvenir de prose claire, de sentiments glauques et d’intrigues compliquées, souvenir hérité de la lecture d’une seule nouvelle, qui fut la première nouvelle entière en v.o. que j’ai lu en cours d’anglais. Et là aucune surprise : c’est pareil.
Style limpide, et tortures invraisemblables entre un mari et une femme, dans la Chine du début du siècle.

{{{l’histoire}}}
Kitty est une jeune femme stupide et frivole, jolie aussi, elle a épousé un jeune médecin bactériologiste qui l’idolâtre, Walter, pour ne pas être célibataire après que sa petite soeur se soit mariée (le fantôme de la vieille fille a encore frappé…).
Hong Kong, 2 ans plus tard – Kitty est adultère, Walter le découvre et imagine sa vengeance : partir avec Kitty et sa santé fragile dans une province du pays où sévit une terrible épidémie de choléra, après l’avoir amenée à découvrir les véritables sentiments et la personnalité profonde de son amant (méprisable, naturellement).
L’épouse fautive, l’égoïste futile redevient progressivement maître de ses actes, tout en mangeant chaque jour de la salade fraîche pour provoquer le sort (le choléra).

{{{autres ingrédients}}}
un palais chinois en ruines perdu dans le brouillard, des morts plein les rues, un orphelinat français et ses bonnes soeurs, un fonctionnaire des douanes rigolard mais bienveillant, une princesse mandchoue…

Moi j’ai pris du plaisir à lire ça.
J’ai pas vraiment senti ce qui est paraît-il le grand talent de Maugham : l’ambiance lourde des tropiques.
Mais à part ça, on a une histoire sans fioritures, sans effets de style, avec des péripéties illogiques mais pas du tout niaises, pas du tout cucul-la-praline.
Des personnages machiavéliques, des personnages faibles, des personnages mesquins… et même quelques uns qui ont la grâce.
L’histoire est centrée sur les tribulations de la jeune femme, qui passe du statut d’idiote mesquine et consciente de sa place dans la société coloniale, à celui de loque faiblarde, puis de veuve victorieuse et pas dupe de son statut d’héroïne, puis de future mère et fille dévouée et repentante, choisissant de vivre en marge. Et elle devient de moins en moins conne aussi, de plus en plus consciente d’elle-même.
Vers la moitié du livre, l’attention se porte également sur la personnalité mystérieuse du mari, fermé, maladivement jaloux et calculateur, qui cherche une rédemption en se donnant sans compter à ses malades, sans rien céder à sa femme.

Et pour moi, le tour de force, c’est d’avoir réussi à rendre cette histoire lisible, sans identification, ni estime, avec le personnage principal ni aucun des autres, alors que ce roman n’est pas, et ne se veut pas, une oeuvre cérébrale.

Somerset Maugham a écrit:

I have never pretended to be anything but a story teller. It has amused me to tell stories and I have told a great many. It is a misfortune for me that the telling of a story just for the sake of the story is not an activity that is in favor with the intelligentsia. In endeavor to bear my misfortunes with fortitude. (from Creatures of Circumstance, 1947)

Peut-être doit-on ce paradoxe (cette réussite) à une excellente maîtrise de Maugham sur son récit, sur son personnage : construction nickel, et juste assez d’indices pour nous laisser deviner que Kitty n’est pas aussi conne qu’il le prétend.
Ca me fait penser à cette nouvelle de Borges où un écrivain crée volontairement une intrigue policière foireuse, pour que le lecteur découvre le vrai pot-aux-rose, en « méta-lecture ».

Barbara Kingsolver, c’est ma bestseller préférée.
Bestseller déglinguée, avec des femmes qui se passent d’hommes, qui cherchent avant tout à vivre leur vie relativement pas trop mal, qui s’échappent, et surtout toutes les causes qu’elle défend à longueur de bouquins sont bonnes (AMHA) : écologie, dégoût des prises de positions américaines à l’international, écologie, humanitaire, écologie, post-féminisme, écologie, défense des cultures natives américaines, et surtout écologie… André Clavel pour Le Temps a écrit:

On peut être une romancière engagée et une redoutable ensorceleuse. C’est le cas de Barbara Kingsolver, une fée au poing levé, une campus activist née des amours de Karen Blixen et de Martin Luther King. Aux Etats-Unis, chaque fois que les droits de l’homme sont menacés, cette Mère Courage part en croisade, mettant sa voix au service des sans-voix. Et lorsqu’elle s’attaque au roman, dans sa thébaïde de l’Arizona, elle continue à fourbir les armes pour soutenir les exclus de tous bords, sans pour autant s’embourber dans la mélasse de la littérature militante. A cela s’ajoute un solide tempérament d’écologiste, trempé dans l’acier d’une plume largement colorée de vert.

Ca donne des romans hauts en couleur, qui ont souvent pour cadre l’Arizona, où les héroïnes trouvent leur chemin à des endroits pas communs, des bons sentiments certes, mais allégés de toute sensiblerie, nichés dans des actions militantes, des relations humaines hors du commun, et tout n’est pas pour le mieux dans le meilleur des mondes, loin de là.

{{{Bref}}}

En ce qui concerne « Une rivière sur la lune », le dernier sorti en France mais qui date de 90 (en anglais sous le titre « animal dreams »), c’est certainement pas le meilleur de ceux que j’ai lu ( »les yeux dans les arbres (the poisonwood bible) » était une vaste fresque incroyablement haletante et riche et violente dans le Congo belge devenant Zaïre), mais peut-être le personnage principal est-il le plus proche de l’auteur, et donc le roman le plus touchant, attachant, émouvant.
Comme pour les autres, j’ai pleuré et ri à sa lecture.

Codi a trente deux ans.
Codi a une soeur, Hallie, sa seule famille, qui part vivre au Nicaragua pour aider l’agriculture d’un pays nouveau, attaqué, miné par les contras, armés et financés par les états unis.
Codi a aussi un père, Doc Homer, un vieux médecin intransigeant et froid qui perd chaque jour un peu plus la raison dans la ville de Grace, Arizona, qui a vu naître et grandir Codi et Hallie.
Codi n’a jamais appartenu à la ville de Grace, et si elle revient ce n’est que pour un an, par devoir, pour s’occuper de son père, et puis elle retournera à ses errances et ses petits boulots, et peut-être à son petit-ami depuis dix ans.
Codi a fait des études de médecine qu’elle a interompues quelques mois seulement avant leur terme.
Pour Codi, la ville de Grace est liée à deux souvenirs extrêmement douloureux, et à d’autres souvenirs qui lui échappent.
Grace, la ville, riche d’une histoire incroyable, voit ses vergers mourir et s’attend à la dispersion de ses membres, de sa communauté.
Ces éléments mis en place, toute une histoire bien vivante se démèle…

Et naturellement, on peut plus lacher le bouquin pendant que Codi, Grace et l’amérique retrouvent la mémoire, et que doc Homer la perd.

- [En français et en poche->http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2743611715/402-1214900-3384128]
- [En anglais et en poche->http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/0060921145/qid=1067163634/sr=1-8/ref=sr_1_1_8/402-1214900-3384128]
- [Article du Temps->http://www.letemps.ch/livres/Critique.asp?Objet=1134]
- [Article de l'Huma->http://www.humanite.presse.fr/journal/1999-11-04/1999-11-04-298884]

Les yeux dans les arbres en français et en anglais.

Disgrâce

5 février, 2006

C’est un livre d’une grande finesse, sur un homme tombé en « disgrâce », un professeur de littérature à l’université du Cap (Afrique du Sud), licensié à la suite d’une affaire de harcèlement sexuel. David Lurie est un professeur sans vocation d’enseignant, mais aimant la littérature (et la musique classique), qui, après deux mariages et deux divorces, a réglé la question des femmes et du sexe, en se rendant une fois par semaine chez une prostituée. Quand cette prostituée ne vient plus au rendez-vous, il « s’attaque » à une étudiante, et c’est le début des emmerdes…
Comment ce mec se retourne la tête, comment il va en visite chez sa fille lesbienne qui cultive des fleurs dans une ferme isolée à la campagne, comment il tombe de Charybde en Scylla (terrible), comment il en arrive à la rédemption par l’écriture et le respect des chiens morts, comment la société sud-africaine est divisée en petites cases…

Un prix Nobel de littérature (2003) et un Booker Prize (1999) certainement très mérités à la lecture de ce roman… édifiant. Mais surtout profond sans prise de tête, et haletant.

lu dans [cette édition->http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/0099289520/qid=1066562247/sr=2-1/ref=sr_2_3_1/402-1214900-3384128], mais disponible également [en poche et en français->http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2020562332/qid=1066562377/sr=2-1/ref=sr_2_3_1/402-1214900-3384128].

Desmond Sullivan fuit New York, son petit ami et l’écriture inachevée de son deuxième livre (la biographie d’une chanteuse médiocre), en s’installant pour quelques mois à Boston, où il a été invité à donner des cours (de « non-fiction créative ») dans une université. Parce qu’il a besoin de faire le point seul face à lui-même, et de trouver l’illumination dans la ville où son sujet (la chanteuse) a passé ses dernières années. Jane Cody s’ennuie en ménage, son mari et son étrange fils lui portent sur les nerfs, et plus encore sa belle-mère. Et elle attend plus ou moins passivement la fin annoncée de l’émission qu’elle produit sur la chaîne publique locale de Boston. Confite dans ses mensonges, elle n’arrive même plus à être franche avec son psy.
Et on nous raconte comment ces deux-là se prennent les pieds dans le tapis.

On peut dire qu’il s’agit d’un livre sur le mensonge.
L’auteur dit s’être bien amusé à créer les dialogues, où personne n’est franc et donc tout part en vrille.

Stephen Mac Cauley nous avait gratifié d’excellents romans doux-amers, tels « L’objet de mon affection » ou « Et qui va promener le chien ? », drôles, pleins de péripéties abracadabrantes, et pleins de finesse et de lucidité dans la transcription des rapports humains « de tous les jours », de ces livres qu’on prète aux gens pour leur dire « tu vois, je suis quelqu’un de sympa, je lis ça ».
A-t-il perdu de son charme ? Suis-je dans une phase impitoyable ?
Jusqu’ici son monde était celui des jeunes célibataires urbains, la génération Friends (c’est d’ailleurs Jennifer Aniston qui tenait le rôle principal dans le film tiré de « l’objet de mon affection »). Et ce que son dernier roman gagne en maturité (les héros ont 40 ans), il semble le perdre en drôlerie, en originalité, en bohême, et (pour moi) en proximité.
Même avec un peu d’imagination, je n’ai pas réussi à m’identifier à une mère de famille ou à un écrivain/professeur casé, assis. Peut-être ne suis-je pas encore assez embourbée dans ma vie et mes mensonges…
Pourtant j’ai réussi des identifications autrement plus périlleuses (quel rapport entre moi et le vieux professeur de littérature libidineux de Disgrâce, de Coetzee ? Ni la langue, ni l’âge, ni la profession, ni la région du monde, tout juste une époque, et pourtant ça marche)

Alors, oui j’ai quand même été amusée, divertie, parce que les « péripéties abracadabrantes » sont toujours là, mais jamais touchée.
Il ressort à peu près la même impression de coquille vide et de happy end un peu forcée (finalement, c’est le naufrage qui gagne, malgré les pirouettes de la fin) que de son premier roman, « l’art de la fugue ».

Il vaut peut-être mieux (une fois de plus) revenir aux précédents du même. Surtout [l'objet de mon affection->http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2264021748/qid=1068629112/sr=1-3/ref=sr_1_19_3/402-8786379-6454542] qui est très très bien.

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