Effroyables jardins

25 février, 2003


Lucien, un adolescent de quatorze ans, ne comprend pas pourquoi son père, un instituteur sérieux et respecté, se ridiculise, à ses yeux, dans un numéro de clown amateur. Un jour, l’oncle Gaston dévoile à Lucien l’origine de cette vocation… Il lui raconte qu’à la fin de la guerre, tous deux ont commis un acte de résistance dérisoire, mais qu’ils ont été capturés par les Allemands et jetés avec deux autres compagnons d’infortune dans un « cul de basse-fosse » en attendant d’être fusillés…
A travers ce récit, Lucien va découvrir la bravoure et la fraternité que son père dissimule derrière son humilité.

Ayant eu la chance de voir ce film en avant-première, j’ai trouvé ce film à la fois drôle et émouvant.
Si le scénario est sans surprises, on appréciera tout particulièrement le jeu des acteurs passant tour à tour du cabotinage à la gravité dramatique.
Le tandem Villeret-Dussolier fonctionne parfaitement et on ressent une réelle complicité entre eux deux; quant à Thierry Lhermite est impeccable en 2nd rôle un peu outré.
On sera immanquablement tenté de faire le rapprochement avec « La vie et belle », ce qui est sûr c’est que malgré son titre non-évocateur, Effroyables jardins est un très beau film.

A voir !

plaisirs inconnus

25 février, 2003

loin d’être un film érotique italien des années 70 diffusé sur M6, ce film nous narre avec lenteur (tu m’étonnes!!!) l’histoire suivante :

A Datong, en Chine, Xiao Ji et Bin Bin, âgés de 19 ans, sont tous les deux au chômage. Ne se voyant aucun avenir, ils passent leur temps à traîner dans les rues. Xiao Ji est amoureux de Qiao Qiao, la chanteuse vedette de la région, et vit à travers les fictions américaines. Bin Bin, pour qui sa mère envisage une carrière militaire, aime le karaoké et les dessins animés. Dans cette Chine qui change, les deux adolescents résistent difficilement aux appels du monde occidental et à l’attrait de l’argent facile.

filmé de façon très réaliste et sans fioriture, ce film dresse un portrait de la chine bien peu reluisant, où rien n’est magnifié mais montré cruement, une chine a deux visages .
les deux héros sont désœuvrés dans des quartiers qui ressemblent à Beyrouth nord, la chanteuse que l’un convoite, chante pour une marque d’alcool dans des dégustations publiques miteuses, le mafieux vendeur de vin parle autant qu’un muet aphone et n’a de mafieux que le flingue, de petites frappes parcourent le film…
pas de belles images, pas de mafieux magnifiques, pas de midinettes à croquer…
un gout béton amer…

le film se traine en longueurs, dont l’utilité m’échappe, on ressent bien le désœuvrement…
=)


avec une scène de fin qui marque… le héros vient de manquer un braquage de banque et apprend que son crime est puni de la peine de mort. Le maton lui demande de chanter une chanson, et Binbin entonne une chanson pop bien naïve, qu’il chantait avec sa copine…

bref la chine version glauque…

si l’on est joyeux et hyper actif avant d’aller à un enterrement

Solaris

24 février, 2003

Film de SF de Soderberg d’un roman de stanislas Lem (bon bouquin…) déjà adapté par Andrei Tarkovski (pas vu…) il était une fois l’espace…
Psy en dépression, Chris est recommandé par un ami spationnaute au bord de la crise dans une station avec laquelle tout contact a été rompu. Piloté, là haut, Chris y découvre une station, froide et métallique. Dans la morgue du vaisseau, le cadavre de son ami, dans le couloir le fils de celui-ci et un équipage réduit qui lutte entre incompréhension, moral et dépression.
La nuit d’après Chris se réveille au côté de sa femme…

traité de façon très réaliste (si si…ça se peut…), Solaris est un film graphique, beau, lent et très humain. L’anticipation et le fantastique de l’histoire ne sont qu’une excuse pour une réflexion sur ce qu’est l’humanité (le concept, pas le genre humain ou l’hebdo de Fred Bird…), la réalité et une histoire d’amour assombrie…

Pas d’explosion, pas de pistolet laser, pas d’alien globuleux à huit pattes… Solaris est un film décevant pour ceux qui croyait voir total recall 2…

Tout en douceur, Soderbergh glisse Clooney en psy de l’espace dans un vaisseau fait de métal poli aseptisé éclairé d’un bleu froid et apaisant… Les personnages sont tous d’une humanité saisissante, dans ce décor minimaliste et spatial : ce ne sont pas des astronautes mais des humains. Faiblesse, aveuglement, colère, amour, raison… les sentiments s’entrechoquent dans leur têtes, les fait hésiter, s’isoler ou se protéger.
Les tensions sont palpables et amenées uniquement par le jeu des acteurs… pas de chat qui surgit d’un coup ou de personnage effrayant au détour d’un couloir

Ceux qui ont lu le livre y trouveront des différence de réflexions, le livre s’attardant plus sur des questions philosophiques, le film préférant le côté humain.

Filmé avec talent et recherche graphique, le film recèle de plans lumineux en lent traveling, cependant, Soderberg ne renonce pas à son amour de la caméra à l’épaule (qui me hérisse parfois le poil…).

Un beau film. Beau par son histoire, beau par ses images, excellent par le jeu des acteurs..

à voir

Caz
—-
Je désapprouve complètement Shocked

On me taxera peut-être de fan de ‘boumboumfautdelaction’ (à tort bien sûr) mais ce film m’a vraiment laissé sur ma faim. Ca m’a fait un peu l’effet de « Signes ».

Un scénario creux au possible (on peut résumer le film et les soi-disant conflits intérieurs très profonds des personnages en 10 lignes maximum), une mise en scène poussive hachée par des flash-backs pénibles (notamment à la fin du film on les enchaîne pour les demeurés n’ayant pas tout compris à l’intrigue) et des caricatures de personnages (y’a juste le type un peu taré qui est marrant).

Le tout servi pour un rythme lentissime et un Clooney profond comme une boîte de cachous Lajaunie.

Soporiphique, creux et longuet.

A éviter.

Fastclemmy
—-
Bon, je n’ai pas lu le livre.
Mais ce film est assez original pour qu’on en parle un petit peu.

- La science-fiction déjà, qui n’est ( pour une fois ) pas prise comme une fin en soi.
- Le décor, assez simple et froid, n’est pas mis en avant, et joue le vrai rôle d’un decor de cinéma, à savoir l’établissement d’une ambiance ( et non pas l’étalage de gadgets et de surprises mal venues ), qui aide forcément beaucoup dans ce huis-clos lanscinant.
- La lenteur, qui nous pousse non pas à s’identifier aux personnages mais à reflechir à la situation et aux thèmes abordés, reflexion qui manque à beaucoup de gros films de SF.

Bon, il est vrai qu’il n’y a pas « d’action » ( un mec s’est mis à ronfler sur ma rangée ), que Clooney est souvent un peu trop caricatural dans ses exressions, et que les plans et les enchaînements ne sont pas extra-ordinaires d’invention, mais « Solaris » vaut le coup d’oeil, je le conseille.

Arrow J’avais lu quelque-part avant d’aller voir le film que c’etait une sorte de « 2001 : l’odyssée de l’espace »…
Le mec qui a écrit ça n’a rien capté…

Didi

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